édition novembre 2005

Le CERIN apporte 10 réponses aux questions que l'on peut se poser sur l'alimentation des enfants:

Mattéo ne veut manger que des frites ou des pâtes. Faut-il le forcer à manger des légumes verts?
Forcer, non. Inciter ou faire goûter, oui. Mais en mangez-vous vous-même? Montrer l'exemple est une des clés de l'apprentissage. Même si les enfants ont une préférence marquée pour la purée ou les pâtes, il ne s'agit pas de céder à toutes leurs exigences. Mais il n'y a pas de raison non plus de leur imposer à chaque repas une plâtrée de légumes... En pratique, vous pouvez accomoder les légumes de différentes manières:
- cuits: en gratins, soupes, purées, lasagnes...
- crus: carottes râpées, légumes trempés sous forme de bâtonnets dans des sauces au yaourt, au fromage blanc...
Ce qui marche bien aussi, ce sont les mélanges de type ratatouille-riz, pommes de terre-brocolis, pâtes-courgettes... L'objectif est que l'enfant mange deux fois des légumes "verts" au cours des repas. S'il est vraiment réfractaire, continuez à lui présenter de temps en temps le légume refusé et donnez-lui plus de fruits.
Alexandra refuse de manger de la viande. Par quoi la remplacer?
Il arrive que les enfants éprouvent, parfois pendant de longues périodes, une aversion passagère pour certains types d'aliments. Si elle se porte sur la viande, vous pouvez la remplacer par du poisson ou des oeufs et, de temps en temps par du fromage. Ayez recours à des recettes comportant de la viande hachée ou en petits morceaux: hachis Parmentier, légumes farcis, sauce bolognaise, tourtes...
Solène ne boit plus de lait. Que faire?
Si elle ne veut plus de lait, même aromatisé, elle peut consommer à la place des yaourts, des fromages blancs ou du fromage. Le lait peut également être incorporé dans des plats comme la purée ou les desserts. Pour être sûre que Solène consomme suffisamment de produits laitiers - et donc de calcium - il existe un repère simple: un produit laitier à chaque repas, soit 3 à 4 portions par jour.
Comment être sûre que Romain mange suffisamment à la cantine ?
L'équilibre alimentaire ne se fait pas sur un repas, mais sur toute une journée, voire à l'échelle de la semaine. Il est normal que, certains jours, le menu de la cantine plaise moins à votre enfant. Mais s'il a peu mangé à midi, il se rattrapera aux repas suivants. Vous pouvez penser à jeter un oeil aux menus affichés à l'école pour varier les plats à la maison. Le soir, il n'est pas indispensable de lui proposer de la viande: misez plutôt sur les produits laitiers, les fruits et les légumes.
Noémie veut toujours manger la même chose...
Si Noémie réclame quotidiennement sa purée-jambon, ne cédez pas, mais décidez avec elle des jours où il y en aura au menu. Sachez lui faire plaisir, tout en évitant l'écueil des interdits ou du "tout est permis". Deux conseils: faites-la participer à la préparation du repas et mangez ensemble. La tentation de cuisiner spécialement pour elle sera moins forte et les chances de l'initier à la cuisine familiale seront plus grandes. N'oubliez pas qu'en matière d'éducation le bon exemple que vous offrez est l'un des meilleurs garants du succès.

  Caroline grignote sans arrêt entre les repas. Dois-je l'en empêcher?
Laisser un enfant grignoter toute la journée, c'est créer chez lui l'habitude de manger "non stop" et risquer d'induire un comportement alimentaire anarchique, qui favorise une alimentation grasse-sucrée et ne respecte plus les rythmes des repas. Or l'enfant a besoin de repères, et les horaires des repas font partie de ceux-ci. La question à se poser est: pourquoi grignote-t-elle? Si c'est par ennui, proposez-lui une occupation de choix. Si c'est par faim, servez-lui de plus grosses quantités (légumes, pain) aux repas. Si c'est pour se "remplir", parlez avec elle, encouragez-la à voir ses copines... Entre-temps, pour ne pas favoriser un grignotage gras-sucré, ne remplissez pas vos placards de viennoiseries, biscuits, sodas, barres chocolatées ou céréalières. Remplacez-les par des fruits, des compotes, des yaourts, du pain et du chocolat. Cela dit, un adolescent en pleine poussée de croissance peut de temps en temps être victime de fringales entre les repas.
Le goûter est-il un repas à part entière ou un simple grignotage?
Le goûter est bien un (petit) repas qui permet de tenir bon jusqu'au dîner sans fatigue et sans faim. C'est aussi une pause-détente avant d'attaquer les devoirs, à condition qu'il ne dure pas longtemps. Il n'y a donc pas de raison de le supprimer. En revanche, au même titre que les autres repas, on a tout intérêt à le varier, en choisissant des aliments différents au fil des jours. C'est le moment de proposer du pain avec du fromage ou du chocolat, des fruits de saison et des laitages. Et, de temps en temps, des biscuits ou gâteaux "maison", si appréciés...
Jonathan ne boit que du soda. Que faire?
Progressivement, vous l'amènerez à boire de l'eau, au moins au cours des repas. S'il lui semble difficile de passer du jour au lendemain du soda à l'eau, vous pourrez lui proposer en transition une eau aromatisée, en la choisissant peu ou pas sucrée, ou du jus de fruit "sans sucre ajouté" dilué avec de l'eau. Quant aux boissons "light" sucrées artificiellement, elles ne sont à utiliser qu'en dernier recours, car elles entretiennent le goût sucré. Par la suite, la place du soda restera occasionnelle.

Arthur a 7 ans et réclame des parts de viande aussi grosses que les nôtres. Devons-nous le laisser manger autant?
Les besoins alimentaires des enfants, avant l'adolescence, sont moins importants quantitativement que ceux d'un adulte. Les portions servies doivent donc être moindres.
Si vous lui donnez de trop grosses quantités de viande et de féculents par exemple, il n'aura plus faim pour le reste du repas et vous aurez toutes les peines du monde à lui faire prendre un fruit. S'il a vraiment un très gros appétit, augmentez de préférence les quantités d'aliments peu caloriques: crudités, fruits, légumes verts...
Zoé est un peu ronde. Quels aliments faut-il lui interdire?
Aucun. Même les bonbons, les glaces, les biscuits... Tout est question d'équilibre! Les aliments-plaisir sont à inclure dans les menus, de temps en temps, au goûter ou à la fin d'un repas... mais pas le paquet entier!
Il faut juste éviter le bonbon du soir, pour les caries, et le bonbon récompense ou réconfort. Les interdictions sont vécues comme une punition: elles peuvent avoir un effet néfaste, en induisant une frustation chez l'enfant. Ne pouvant plus tenir, il réagira en se jetant sur la tablette de chocolat dans votre dos!
 

Les bonnes habitudes se prennent de bonne heure !
Ce ne sont pas les aliments qu'il faut interdire! En revanche, certains comportements sont à proscrire. Un enfant ne mange pas n'importe quand, n'importe comment. Réfrigérateur et placard ne sont pas des libre-services. Les repas se prennent à table, télévision éteinte. C'est à table qu'on apprend à bien se tenir, à respecter les autres. Ce n'est pas l'enfant qui décide du menu. En somme, ce sont les parents qui donnent le bon exemple et qui fixent les règles...


Source: Centre de Recherche et d'Information Nutritionnelles (CERIN)


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